Ce que j’ai appris à mes dépens en mouillant trop près d’un autre bateau au Gosier

juillet 8, 2026

Le grincement de la chaîne a claqué contre le davier, juste devant la plage de la Datcha, au Gosier, et j’ai compris trop tard que mon mouillage serré ne pardonnerait pas. Depuis la région de Poitiers, je suis partie trois jours en Guadeloupe pour couvrir cette halte, avec la tête trop légère et 700 euros de dégâts déjà en vue. J’étais sûre de moi, et j’ai vu la nuit me répondre avec un bruit sec.

Le jour où j’ai pris ce grincement pour un détail sans importance

En tant que Rédactrice professionnelle indépendante spécialisée dans les excursions maritimes, je suis partie au Gosier avec l’idée qu’une place entre deux bateaux suffirait. Le fond sableux se lisait bien, la zone claire autour de l’îlet aussi, et j’ai cru que ça ferait l’affaire. J’ai été convaincue par cette surface calme, alors que la baie se remplissait déjà.

J'étais arrivée en fin d'après-midi, et c'est déjà là que j'aurais dû tiquer : les bonnes places larges étaient prises, il ne restait que ces trous étroits entre deux coques. Avec mon annexe Zodiac série 520 de 2008, je suis pourtant peu encombrante, mais l'ancre et la chaîne, elles, prennent la même place au sol que n'importe quel bateau. Le sondeur affichait 6 mètres de fond, l'eau était claire jusqu'au sable, et cette belle visibilité m'a faussement rassurée sur l'espace réel autour de moi.

Le premier soir, j’ai entendu un grincement intermittent dans le davier. C’était bref, presque timide, et je l’ai rangé dans la colonne des bruits normaux d’un bateau au mouillage. Avec le recul, c’était le signal le plus net de la soirée, celui que j’ai laissé filer sans rien dire.

La nuit a avancé, puis le vent a tourné par petites risées. Le bateau a commencé à faire de petits écarts de travers, et la chaîne a pris un rythme sec qui m’a mise mal à l’aise. Je me suis retrouvée à écouter chaque cliquetis, pendant que tout dormait dans la cabine, et cette pression-là m’a tenue éveillée plus que le bruit.

Le moment où j’ai compris que ça tournait au cauchemar

À 2 h 13, le vacarme métallique m’a tirée du sommeil. Dans le noir, j’ai entendu les chaînes qui cognaient et j’ai vu la coque du voisin venir dans son axe. Le rapprochement était déjà là, net, sans élégance, et je me suis sentie glacée d’un coup.

J’ai pris la lampe frontale, puis j’ai scruté le noir sans savoir quoi en penser. Manœuvrer à cette heure-là, avec la baie sombre et les annexes qui balançaient, m’a semblé bien plus lourd que prévu. J’ai hésité une minute de trop, parce que je ne voulais réveiller personne, et ce silence m’a coûté plus cher que le bruit.

La chaîne trop courte, 20 mètres sur 6 mètres de fond, a tout aggravé. Le bateau tirait par à-coups, la chaîne se mettait en travers dès que l’ancre chassait sur un fond mal accroché, et les chaînes se croisaient au changement de vent avec une tension que j’entendais presque dans les dents. À ce moment-là, l’espace réel avait disparu.

Au lever du jour, j’ai vu deux marques claires sur la coque.

Deux traces nettes, longues comme la main, à hauteur du boudin, là où les flotteurs avaient frotté contre la coque voisine pendant les écarts de la nuit. Le caoutchouc avait pris un coup de gris sale qui ne partait pas au chiffon, et j'ai tout de suite pensé au prix d'un boudin à reprendre, ce qui n'a rien d'une petite dépense quand on surveille son budget comme moi. L'air sentait encore le métal froid des chaînes, et j'avais ce goût de nuit blanche dans la bouche, celui qu'un café ne rattrape pas vraiment.

J’étais fatiguée, les épaules raides, et j’avais déjà perdu le goût du petit déjeuner. Le plus bête, c’est le temps passé à démêler la situation alors que la journée aurait dû commencer avec la mer tranquille.

La facture qui m’a fait mal et les conséquences concrètes de mon erreur

Le chantier m’a parlé d’une éraflure à reprendre pour 700 euros, sans compter la portion de chaîne abîmée. Rien que le mot facture m’a laissée froide. J’ai regardé la coque, puis la note, et j’ai compris que mon angle de mouillage m’avait coûté bien plus qu’une nuit courte.

J’ai perdu plus de 3 heures à gérer le désordre au lieu de profiter de la matinée. De mon côté, j’avais déjà basculé dans la frustration, parce que je comptais sur une baignade et une pause simple. Cette sortie qui devait rester légère nous a laissés tous les deux déçus et tendus.

J’ai appelé mon voisin deux fois pour m’excuser, et j’ai eu honte à chaque sonnerie. Il n’a pas crié, mais la gêne restait là, compacte. Le mouillage au Gosier, quand la baie est pleine, ne pardonne pas ce genre de trou entre deux coques.

À 19 h 40, j’avais déjà glissé dans une zone trop serrée pour mon propre confort. Le sable donnait confiance, mais le rayon d’évitage n’avait pas le même avis. J’ai payé le prix d’un emplacement choisi trop vite, dans une baie qui ne laissait aucune place au hasard.

Ce que j’aurais dû faire et que je saurai ne plus jamais ignorer

Le grincement intermittent dans le davier n’avait rien d’un détail. Depuis mes années comme Rédactrice professionnelle indépendante spécialisée dans les excursions maritimes, j’ai appris à repérer ce genre de bruit avant qu’il ne monte d’un cran. Là, je l’ai laissé entrer dans la nuit au lieu de le prendre pour ce qu’il annonçait.

J’aurais dû regarder la longueur de chaîne avec moins de confiance et plus de lucidité. Avec 20 mètres filés sur 6 mètres de fond, le bateau devenait nerveux, et le rayon d’évitage n’avait plus rien d’inoffensif. J’aurais dû observer les voisins plus longtemps, surtout leurs écarts de travers et la place qu’ils prenaient quand le vent changeait.

  • grincement intermittent de la chaîne dans le davier
  • bruit sec d’un taquet ou d’une aussière quand la tension change
  • bateau qui fait des petits écarts de travers avant le rapprochement

Mon habitude de la mer m’avait appris à regarder le fond, la place et l’axe avant de me raconter une histoire rassurante. Mon expérience de la sécurité en mer et mes notes de terrain sur la région m’ont aussi ramenée à une évidence simple, la baie du Gosier est très fréquentée et le moindre écart se paie vite. Pour une éraflure de coque, je n’étais plus du tout dans mon domaine, alors j’ai laissé un chantier du Gosier gérer la suite.

J’ai hésité à remonter l’ancre en pleine nuit, parce que je craignais de déranger les autres bateaux. En réalité, c’était le seul geste qui avait encore du sens, et je m’en suis voulue de ne pas l’avoir compris plus tôt. Je me suis obstinée quelques minutes, puis j’ai vu que ce délai avait déjà joué contre moi.

Ce que cette expérience m’a vraiment appris pour mes prochaines sorties

Mon travail de Rédactrice professionnelle indépendante spécialisée dans les excursions maritimes m’a appris une chose simple : arriver tôt change vraiment la donne. En 15 ans, avec 40 articles par an sur ces sorties, j’ai vu revenir les mêmes pièges au mouillage. Depuis cette nuit-là, j’écoute davantage le bruit de la chaîne et je vérifie l’espace autour du bateau avant d’éteindre le moteur.

Après cette nuit passée à surveiller le mouillage, je suis devenue bien moins légère sur le sujet de la sécurité. Je ne regarde plus un mouillage comme une simple halte, surtout quand il y a du monde autour. J’ai été convaincue qu’un espace un peu trop juste finit toujours par prendre toute la place dans la tête.

Le Gosier garde du charme, mais je ne choisis plus les places serrées à la légère. Quand j’ai laissé trop peu d’eau autour du bateau, la baie est devenue inconfortable en quelques heures. C’est ce grincement intermittent dans le davier, ce petit cri métallique, qui m’a alertée trop tard, et je suis rentrée avec 700 euros sur la note.

Si je devais te résumer la leçon en une phrase : arrive tôt, vise toujours plus large que ce qui te paraît juste, et calcule ta longueur de chaîne pour au moins trois fois la profondeur, pas deux. Au Gosier, quand la baie est pleine, je préfère désormais filer un peu plus loin vers une zone moins courue, quitte à faire dix minutes de moteur en plus le matin. Ces dix minutes coûtent une poignée de carburant ; la nuit blanche et la facture, elles, coûtent bien plus, et je sais maintenant de quel côté je veux être.

Célestine Marchand

Célestine Marchand publie sur le magazine Excursions Espérance des contenus consacrés aux excursions en bateau, aux destinations maritimes en Guadeloupe et aux conseils utiles pour préparer une sortie en mer. Son approche repose sur la clarté, la structuration des informations et la volonté d’aider les lecteurs à mieux comprendre l’expérience proposée.

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