Ma première sortie en Zodiac en Guadeloupe, entre trac et émerveillement

août 12, 2026

Sur le quai de Malendure, en Guadeloupe, le zodiac tanguait contre le bois, et l’odeur de sel mêlée de toile humide m’a sauté au nez. Je suis restée une seconde avec la main sur le boudin, le cœur plus rapide que le moteur au ralenti. J’étais sûre de moi avant d’arriver, puis je suis partie dans un drôle d’entre-deux, entre curiosité et recul.

À ce moment-là, j’ai compris que la sortie à la Réserve Cousteau ne commencerait pas dans l’eau, mais au quai. Moi, Célestine Marchand, j’ai noté chaque seconde. Je suis partie avec une demi-journée à 80 euros, et je n’avais pas envie de me rater devant le bateau.

Je ne m’attendais pas à ce que monter à bord soit le plus dur

J’avais laissé mon fils de 14 ans à la maison avec son père, et cette sortie ressemblait à une petite parenthèse rien qu’à moi. Je me méfie des débuts trop lisses, mais là, j’étais encore plus crispée que d’habitude. Le zodiac bougeait déjà sous mes pieds, avec ce petit balancement qui donne l’impression que le sol recule.

Le départ était prévu à 7 h 10, avec un guide local, le masque et le tuba rangés dans une caisse orange. La mer paraissait douce depuis la plage, mais un léger clapot tapait déjà le quai. Quand j’ai posé le pied, le pont a glissé d’un rien sous ma semelle, juste assez pour me figer.

Le boudin était mouillé, et j’ai senti mes doigts chercher la poignée presque à l’aveugle. Le moteur tournait bas, avec un ronron sourd qui se mélangeait aux voix courtes sur le pont. Je me suis retrouvée à regarder le vide entre le quai et la coque, en me demandant si j’allais vraiment monter sans ridicule.

J’avais lu, la veille encore, des conseils de bon sens sur l’embarquement, mais la réalité m’a prise de court. Rien de théorique ne prépare à cette sensation de matière qui glisse, de bois humide et de coque qui respire sous la main. J’ai été convaincue à cet instant que le quai était plus impressionnant que la mer elle-même.

Le moment où j’ai compris que je devais lâcher prise pour profiter

Quand le pilote a mis franchement les gaz, le zodiac a quitté la zone calme d’un coup. Le bateau a commencé à sauter sur le clapot, par petits rebonds nerveux, et le bruit sec de la coque qui retombe m’a traversée jusque dans le bassin. J’ai serré les cuisses sans m’en rendre compte, avec cette impression de petits coups secs sous les cuisses et les hanches.

Au bout de 12 minutes, j’ai compris que me crisper ne servait à rien. J’ai plié les genoux, puis je me suis assise plus bas, presque collée au banc. Le dos a suivi le mouvement, et les chocs ont perdu un peu de leur dureté.

Le pilote m’avait lancé une consigne simple au départ, garder le corps souple, mais je l’avais laissée filer. Là, j’ai enfin compris le truc, un peu tard, je l’avoue. Quand j’ai accepté d’accompagner les mouvements avec mes jambes, le bateau m’a moins secouée et j’ai pu lever les yeux.

J’ai senti alors le mélange de sel, de carburant léger et de toile humide. Le passage d’une zone abritée à une zone ouverte a été net. Le vent s’est renforcé d’un coup, mes cheveux se sont plaqués derrière mes oreilles, et l’eau a commencé à ruisseler sur le boudin et le pont.

Les embruns ont fini par me mouiller le visage, puis les lunettes. Une goutte froide m’a piquée sur la joue alors que le soleil chauffait déjà mes avant-bras. J’ai été frappée par ce contraste, presque tropical et pourtant frais, et je me suis sentie enfin dans la sortie.

Après 18 minutes, j’ai été convaincue que l’avant du bateau n’était pas la place la plus douce. Là, je recevais les éclaboussures de plein fouet, avec par moments un peu de sel sur les lèvres et les dents. Je suis devenue plus attentive au moindre roulis, et la peur a commencé à reculer.

Ce que j’ai raté au débarquement et ce que ça m’a appris

Le débarquement a failli tourner au faux pas. Je me suis levée trop tôt pour prendre une photo, juste quand le zodiac a pris un choc dans une vague. Mon genou a tapé contre le banc, et j’ai dû me rasseoir d’un coup, le souffle court.

J’ai eu, pendant deux secondes, cette peur très nette de rater mon pied. Le pont bougeait encore, mes lunettes étaient déjà couvertes de micro-gouttes, et ma main a cherché le boudin avec une urgence presque ridicule. Pas terrible. Vraiment pas terrible.

J’avais aussi oublié de bien garder les poignées en main pendant la dernière approche. Au premier roulis, mon épaule est partie d’un côté, puis de l’autre, comme si quelqu’un m’avait poussée sans prévenir. J’ai compris là que le moindre geste mal placé devient énorme sur un petit bateau rapide.

J’aurais dû porter des chaussures qui accrochent mieux, pas mes sandales trop lisses. J’aurais dû aussi garder le dos bas jusqu’à l’arrêt complet. Ce passage, que j’imaginais banal, a pesé plus lourd que le reste de la sortie, parce qu’il m’a rappelé que le corps décide avant la tête.

C’est ce moment-là qui m’a le plus marquée chez les novices que j’ai croisés au quai. Ce n’est pas la distance qui fait basculer la sortie, mais ces vingt secondes où l’on hésite entre se lever, regarder autour ou attendre. Moi, j’ai appris que le boudin, les poignées et le timing comptent plus que le grand paysage.

Avec le recul, ce que je sais maintenant et ce que je referais ou pas

Je ne m’étais pas assez méfiée du soleil. Même avec le vent, la réverbération sur l’eau m’a chauffé la peau pendant toute la traversée. Mes avant-bras ont gardé une sensation de chaleur sèche, et j’ai retrouvé du sel dans le col de mon t-shirt plusieurs heures plus tard.

Le mal de mer aussi peut arriver vite. Chez moi, le premier flottement est venu au bout de 15 minutes, juste quand j’ai cessé de fixer la côte. Je n’ai pas eu envie de lutter, j’ai simplement gardé le regard loin devant et la nuque plus libre.

Je referais cette sortie, mais pas dans la même disposition. Je choisirais un horaire avec moins de vent, et je m’installerais à nouveau plus bas, genoux fléchis, loin de l’avant si la mer est formée. J’ai fini par comprendre que le confort vient de la place et de la posture autant que du trajet.

Je garderais aussi une casquette bien tenue, une gourde déjà entamée avant l’embarquement, et un vêtement qui sèche vite. J’ai testé ce trio sur une autre demi-journée de 3 heures, et la différence s’est vue à mon retour dans la nuque et les épaules. Les petites gouttes sur le tissu sèchent mal quand le vent tombe après la sortie.

J’ai pensé à d’autres formats, comme un catamaran ou un bateau plus gros, mais le zodiac garde quelque chose d’unique. Il passe là où les coques plus lourdes s’arrêtent plus loin, et il permet d’approcher des petits îlets sans traîner. Pour le snorkeling, cette proximité avec l’eau change tout, parce qu’on quitte vite le bord et qu’on entre dans le vif.

La première fois que j’ai senti l’embrun salé glisser sur mes lèvres, j’ai su que cette sortie ne serait pas juste une balade, mais un vrai contact avec la mer. Je suis rentrée avec les cheveux collés à la nuque, les lunettes marquées de petites taches blanches, et un sourire un peu bête. Pour quelqu’un qui accepte d’être secouée et qui cherche un rapport direct à l’eau, je referais ce zodiac sans hésiter, même après cette montée d’adrénaline.

Dans mes articles de Rédactrice professionnelle indépendante spécialisée dans les excursions maritimes, je repense à cette matinée de Malendure dès qu’il est question de sortie courte. J’ai gardé le prix, 80 euros, le temps, 3 heures, et ce détail très simple, le bruit sec de la coque qui tape. À la fin, c’est ce mélange de trac et d’émerveillement qui m’est resté, pas une leçon, juste une demi-journée qui a eu du sel sur la peau et du relief dans la tête.

Célestine Marchand

Célestine Marchand publie sur le magazine Excursions Espérance des contenus consacrés aux excursions en bateau, aux destinations maritimes en Guadeloupe et aux conseils utiles pour préparer une sortie en mer. Son approche repose sur la clarté, la structuration des informations et la volonté d’aider les lecteurs à mieux comprendre l’expérience proposée.

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