Ce soir-Là à 1,5 mille des côtes, ma vhf m’a vraiment sauvé la mise

mai 25, 2026

Le vent me piquait les joues et la cabine sentait le sel humide, à côté de la marina de Bas-du-Fort, quand l'écran noir m'a regardée en face. Depuis la région de Poitiers, je suis partie trois jours en Guadeloupe pour voir ce que vaut une VHF quand le reste tombe. J'ai été frappée par le silence après la panne, puis j'ai compris que je n'avais plus que cette petite boîte blanche pour garder un fil avec la côte. Je vais te dire à qui elle convient, et à qui elle convient moins.

Quand tout a lâché, c’est la vhf qui a tenu bon

Tout a lâché d'un coup, et pas à moitié. Le GPS s'est figé, le téléphone portable a affiché une barre puis plus rien, la tablette s'est éteinte, la batterie externe n'a rien rendu, et le radar a fini muet. Je me suis retrouvée à 1,5 mille des côtes avec une sensation très nette de coupure, comme si le bord de mer avait glissé hors de portée. Là, j'ai regardé l'heure, 19 h 30, et j'ai senti le calme me quitter.

J'ai attrapé la VHF sans réfléchir, presque par réflexe. Le bouton a claqué sous mon pouce, et la fréquence a répondu d'une voix nette, sans grésillement inutile. J'ai été convaincue en trois secondes, parce que ce son-là m'a rendue moins seule dans cette nuit noire. C'est ce claquement sec du bouton poussoir de la VHF, dans cette nuit noire, qui m'a redonné un souffle alors que tout le reste avait sombré dans le silence.

Le téléphone portable m'avait déjà déçue sur d'autres sorties, mais là il a montré sa limite d'un seul coup. Au large, le réseau s'efface vite, et la coque du bateau ne fait pas de miracle. Une VHF Marine, elle, travaille sur des fréquences marines pensées pour parler court, clair, entre bateaux et avec la terre proche. À 2 milles, ça change tout, parce que la voix passe encore là où l'écran ne sert plus à rien.

Depuis quinze ans que j'écris sur les sorties en bateau, je sais que les pannes se ressemblent rarement. Cette fois-là, je n'avais plus aucune roue de secours électronique. J'avais cru qu'une batterie externe suffisait, et je me suis trompée. À bord, le confort trompe vite, mais la VHF, elle, ne dépendait ni d'une appli ni d'un réseau capricieux.

Ce que cette nuit m’a appris sur les limites et les avantages de la vhf

Ce que j'ai compris, c'est que la VHF reste très solide sur une distance courte à moyenne. À 2 milles, elle garde une voix nette, parce que sa puissance d'émission et sa portée collent à l'usage côtier. Je n'attends pas d'elle qu'elle fasse des miracles, mais je lui demande d'être là quand la côte reste proche et que l'urgence monte. Sur ce terrain-là, elle a fait le travail sans bruit.

Ses limites, je les ai vues aussi. Si l'antenne est mal placée, la portée chute vite. Si la mer bouge fort, si une pointe coupe la ligne ou si le bateau gîte trop, la réception perd en finesse. Le vrai piège, c'est de croire qu'une petite distance suffit à tout résoudre. Non, elle aide, mais elle ne remplace pas une préparation propre.

J'ai aussi fait mes erreurs, et je les paye encore dans ma tête. Je n'avais pas vérifié l'état de la batterie de la VHF avant le départ, je n'avais pas prévu de chargeur de secours à bord, et la panne simultanée des autres appareils m'a laissée sans filet. Je n'avais jamais imaginé que tous mes appareils électroniques pourraient tomber en panne en même temps, mais c'est ce qui m'a fait changer d'avis sur la place irremplaçable de la VHF. Pas terrible. Vraiment pas terrible.

Au retour, j'ai corrigé sans traîner. J'ai vérifié la charge de ma VHF portable et je l'ai gardée dans un endroit accessible, pour ne plus perdre de temps le jour où ça tourne mal. Mon métier de rédactrice spécialisée dans les excursions en bateau m'a appris à regarder ce qui casse la tranquillité d'une sortie, pas seulement ce qui brille sur le papier. Pour la partie électrique et le radar, j'ai laissé un technicien nautique vérifier le circuit, parce que ce point sort de mon champ.

J'ai aussi changé mon réflexe avant départ.Depuis, je vérifie la charge, le micro, et le volume sonore avant de quitter le quai. Je suis rentrée avec une règle simple en tête: je ne pars plus en mer en comptant sur la chance.

Si tu es comme moi avec des enfants à bord, la vhf est non négociable

Quand mon compagnon et mon fils de 14 ans étaient à bord, le stress avait un autre goût. Je me suis sentie plus tendue qu'à l'habitude dès que le ciel a foncé, parce que je ne voulais pas gérer un silence au mauvais moment. La VHF m'a rassurée d'une façon très simple: une voix répondait, et je savais que je pouvais parler sans faire de gymnastique avec un écran muet. J'ai été convaincue encore plus vite que seule, parce qu'avec un enfant, chaque minute de flottement paraît plus longue.

Dans l'esprit des repères de la Fédération Française de Voile (FFV), je préfère garder un appareil de veille clair et simple à utiliser. Quand on navigue avec des enfants, ou quand on débute, la VHF apporte une marge de sécurité très concrète même à 2 milles des côtes. Elle ne demande pas d'apprentissage lourd, et c'est ce qui me plaît. J'ai déjà vu trop de gens compter sur un téléphone à moitié chargé, et ça me laisse froide.

Pour les navigations plus loin au large, je ne ferme pas la porte aux autres outils. Un téléphone satellite, une balise EPIRB ou un AIS peuvent compléter le tableau, surtout sur une sortie longue de 8 heures ou une traversée plus ambitieuse. Mais chacun ajoute du coût, des réglages ou une autonomie différente, et aucun ne m'a donné la simplicité d'un appel VHF. Je ne dis pas qu'ils ne servent à rien. Je dis juste qu'ils ne prennent pas la place de cette petite radio.

Ce que je recommande après cette nuit d’urgence, sans hésiter

Mon avis est net: la VHF reste indispensable même à 2 milles des côtes. Ce qui fait la différence, ce n'est pas le gadget, c'est la ligne de contact qui reste vivante quand tout le reste s'éteint. À la marina de Bas-du-Fort comme ailleurs, j'ai vu qu'un appareil simple, chargé et bien placé vaut mieux qu'une solution compliquée que personne ne maîtrise au bon moment. Pour quelqu'un qui accepte de vérifier sa batterie avant chaque départ, elle vaut franchement le coup.

Pour qui oui

Oui, je la garde pour un couple avec un adolescent de 14 ans qui sort à la journée en Guadeloupe, avec un budget matériel de 180 euros et une pratique côtière tranquille. Oui aussi pour une famille de trois personnes qui navigue quatre fois par an et veut une prise en main rapide. Oui encore pour un amateur qui part seul sur un bateau de 6 mètres et préfère une voix claire à un écran qui se vide. Dans ces profils-là, la VHF colle à l'usage sans compliquer la sortie.

Pour qui non

Non, je la conseille moins à quelqu'un qui part de nuit sur une route lointaine et compte n'avoir qu'un seul outil. Non aussi à un navigateur qui refuse de vérifier la charge avant le départ, parce que là le problème vient d'abord du manque de rigueur. Non encore à un profil qui veut tout miser sur un téléphone portable, sans antenne adaptée ni autre relais. Dans ces cas-là, la VHF seule ne suffit pas à calmer le jeu.

Mon verdict : je choisis la VHF sans détour, parce qu'elle m'a sortie d'une nuit noire, d'un silence complet et d'une vraie tension, alors que le téléphone, la tablette et le radar m'avaient lâchée. Pour quelqu'un qui accepte une routine simple et qui cherche une réponse claire en mer, elle reste mon premier choix, pas un plan B. Je la garde au centre de mes sorties, avec mes repères de Poitiers en tête et ma prudence intacte.

Célestine Marchand

Célestine Marchand publie sur le magazine Excursions Espérance des contenus consacrés aux excursions en bateau, aux destinations maritimes en Guadeloupe et aux conseils utiles pour préparer une sortie en mer. Son approche repose sur la clarté, la structuration des informations et la volonté d’aider les lecteurs à mieux comprendre l’expérience proposée.

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